This is it: note à l’intention des utilisateurs de NOD

This is it.

A partir du 28 janvier 2017, NOD ne sera plus en mesure de vous apporter une sélection quotidienne d’informations.

La raison triviale est la suivante: le service technique que nous utilisons pour propulser l’application ferme ses portes et nous n’avons pas, à ce jour, trouvé les ressources pour développer une solution de remplacement.

La raison profonde mérite un peu plus de mots: après deux ans et trois mois d’existence, Nod dans sa version actuelle est à bout de souffle et a besoin d’être repensé pour pouvoir avancer.

Nous allons profiter des prochains mois pour y réfléchir et expérimenter.

Il avait fallu plus d’un an de réflexions et d’expérimentations pour arriver à lancer en octobre 2014 une des premières applications d’informations reposant sur une interface visuelle de cartes à swiper. La prochaine version mérite qu’on y consacre le même effort.

Voici ce qu’on a accompli :

  • En un peu plus de deux ans, Nod a séduit une base d’utilisateurs modeste mais incroyablement fidèles.
  • A l’été 2015, nous avons lancé une version française permettant de faire profiter du modèle à une audience élargie.
  • Nod était une des premières applications média à utiliser des cartes à swiper pour naviguer différemment dans l’info. De nombreuses applications similaires ont été créées depuis et cela reste une grande fierté pour nous d’avoir vu notre intuition originelle être validée par des institutions qui inspirent le respect.
  • Nous avons acquis une fine connaissance de la qualité des contenus produits par les médias, en fonction de ce qui a 1) passé la barre des règles de curation de Nod et 2) été lu par nos utilisateurs. Cela est d’autant plus instructif que nous pouvons comparer ceci sur l’offre anglophone et l’offre francophone.
  • Nous avons confirmé notre hypothèse initiale qu’il y a une attente des lecteurs pour naviguer dans l’actu de manière asynchrone (catch-up) et allégée (curation) : le temps reste la ressource la plus rare de nos utilisateurs dans l’âge de l’information abondante.

Voici où on a manqué de souffle :

  • Nous n’avons pas trouvé les ressources financières qui nous auraient permis de faire évoluer le produit fréquemment au gré du feedback de nos utilisateurs.
  • Nous n’avons pas craqué le code pour faciliter la découverte de Nod, notamment en puisant dans les ressorts des réseaux sociaux. Un échec d’autant plus frustrant que notre taux de rétention d’utilisateurs sur 30 jours est supérieur à 60%
  • Nod a reposé pendant trop longtemps sur les épaules d’un seul éditeur ce qui s’est avéré usant. Il y avait peut-être un système à trouver pour une curation distribuée.

Ce sont au moins trois sujets qui vont nous donner du grain à moudre dans les prochains mois.

Je suis très reconnaissante à toutes les personnes qui ont participé à cette aventure, en contribuant à la fabrication du produit, en partageant leur avis, en réclamant des choses qui nous ont encouragé à continuer, en finançant le temps de la réflexion et celui de la construction et, surtout, en utilisant l’application chaque jour.

Un shout-out spécial à Kahina Meziant, qui assure, depuis plusieurs mois, la curation de Nod en anglais et en français. Nod m’a permis de découvrir en elle une jeune journaliste très rapide et smart, qui a su rapidement s’approprier le rôle d’algorithme humain qui était derrière Nod et des règles qui faisaient sa curation unique. Si vous cherchez quelqu’un de clairvoyant et sérieux, vous devriez l’embaucher.

On continuera à utiliser Facebook, Twitter et ce blog pour vous donner des nouvelles de Nod – ou de sa prochaine itération.

Stay tuned.