Après NOD, Le Monde se lance dans le catch up de l’info

Validation.

C’est le mot qui vient à l’esprit quand le premier quotidien français, celui qui a inspiré leur vocation à des générations de journalistes, fait quelque chose que vous défendez depuis des années.
Le Monde vient de dévoiler “Récapator“, un nom affreux pour un service important : un outil qui permet de rattraper l’actualité sur une période donnée. Un service très à propos en période de vacances : on débranche pendant longtemps puis arrive un moment où on veut qu’on nous serve l’essentiel sur un plateau.
IMG_8325Ce service, l’application mobile NOD News On Demand le rend depuis 2014 à ses utilisateurs. Chaque jour, nous sélectionnons les 3 événements majeurs du jour et proposons au lecteur de les consulter le jour même ou en différé. Ainsi, après une semaine déconnectée, je peux appeler les grandes actualités depuis un calendrier et faire le tour de l’actu en 21 titres (7 x 3 sujets). Puis plonger dans les articles les plus pertinents choisis soigneusement dans plus de 100 sources différentes.
Evidemment, ce service est fort à propos en période de vacances. Le weekend dernier a encore été un exemple de secousses majeures de l’actualité que certains proches en goguette estivale n’ont découvert qu’au hasard d’un virée au café ou par un SMS affolé…
Et tant mieux pour eux : il ne faut pas exiger du lecteur d’être dans un état de connexion permanente ; plutôt, c’est au média d’adapter son service à la disponibilité de ses lecteurs.
IMG_0708Si Le Monde profite des vacances pour se lancer, je crois que ce service de catch-up est pertinent toute l’année. Notamment, pour une catégorie très spécifique d’utilisateurs et qui sont les utilisateurs les plus fidèles de NOD : les jeunes mamans actives. Elles sont nombreuses à nous remercier du service que leur rend l’appli. Pourquoi ? Elles veulent être informées sur le monde dans lequel elles vivent, mais entre le travail, la famille et les amis, elles n’ont pas toutes le temps de scanner Twitter toute la journée ou de sauter sur chacune des 5 notifications que certaines applications d’info envoyent par jour…
Alors, entre deux rendez-vous ou après une journée très remplie, elles peuvent prendre 10 secondes ou plus (en moyenne 2 minutes 30 chez nous)  pour voir si elles ont raté quelque chose depuis 24 heures ou 48, 72… ou plus encore.
On pressentait cet usage en lançant NOD en anglais il y a 18 mois. On confirme nettement la tendance depuis que NOD s’est lancé en français fin mai.
IMG_0710Ce n’est pas un trait de génie d’avoir voulu faire cela, c’est juste une victoire du design : il suffit de regarder autour de soi pour voir comment se comportent les gens, comprendre leurs besoins et concevoir un service ou produit qui leur soit utile. Autour de moi, il y a donc des gens actifs et curieux pour qui s’informer est important mais pas urgent. Faire un service de catch up de l’info pour eux était une évidence.
Et c’est une bonne nouvelle que d’autres médias suivent enfin cette voie. Qu’ils osent enfin moins informer pour mieux informer. 

When it’s time for the media to… shut up

In the aftermath of the Boston marathon bombings and the manhunt that followed, a lot of thought and critique is going to the way the news functioned during the events. I love the way James Gleick described this to Maureen Dowd, in the New York Times. Also, a series of mistakes clearly made the case for a “slow news” approach in these kind of situations – see Dan Gillmor’s take on this.

But maybe, it’s time for the media to push this even further. Going from putting the brakes on the news to complete… silence! It’s the radical yet sensible suggestion made by Mike Ananny, in a very interesting piece published by Nieman Lab. “What would it mean to create breaking news environments that thoughtfully represented the absence of reporting?“, he asks. In the age of real-time information, pushed by many different stakeholders, there may be an opportunity to look into the value of silence during breaking news events and the trust it could translate into.

Here are some excerpts of his note (further reading highly recommended) :

“The ideal press should be […] about demonstrating robust answers to two inseparable questions: Why do you need to know something now? And why do you need to say something now?”

“When news can break at any moment, when should it break?”

“We are in a unique historical moment when the press is ripe for radical redesign — when it’s possible for those creating the conditions under which the networked press operates to help us understand the meaning and value of online silence during breaking news events.”

Full text: go to Nieman Lab